Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /2010 17:06

Dimanche s'est tenu à la Mutualité à Paris le rassemblement national des secrétaires de section. Dans son discours Martine Aubry a rappellé l'importance du rôle des secrétaires de sections, élus par les militants, et véritables têtes de pont du PS à travers tout le pays. La première secrétaire du PS a affirmé que 2010 devait être "l'an 1 de la reconquête" pour les socialistes. "Merci d'être ce que vous êtes", a lancé Martine Aubry aux près de 2.000 secrétaires de section présents, dont la délégation gersoise à laquelle j'appartenais.

Par Michaël Boutines
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /2010 15:05

La mesure annoncée par le Ministre du logement et de l’urbanisme Benoist Apparu préconisant de vendre 1% du parc HLM existant afin de construire de nouveaux logements sociaux est bête car inefficace, injuste car contraire à la justice sociale, et un témoignage supplémentaire de l’esbroufe permanente de ce gouvernement incapable d’apporter des solutions d’avenirs et de porter un projet ambitieux.


Ce projet est avant tout une bêtise et une imposture car les offices HLM sont aujourd’hui incapables de vendre leurs appartements aux locataires. Sur 40 000 logements mis en vente en 2008 seul 6000 ont été achetés et uniquement 3600 en 2009. Le ministre a-t-il oublié que les premiers à subir de plein fouet la crise économique et la destruction d’emplois sont ceux qui vivent en HLM ?


Un projet injuste car le financement de nouveaux logements sociaux ne repose pas sur un investissement national notamment financé par les impôts tels que les droits de succession sur les gros patrimoines ou en revenant sur le bouclier fiscal. Le Ministre préfère endetter des familles aux revenus modestes sur 20 à 30 ans afin de financer de nouveaux logements pour des personnes encore plus modeste. Le gouvernement ne connait le mot de solidarité que quand il s’agit de prendre aux plus démunis pour donner à ceux qui le sont encore plus.


Enfin, ce projet témoigne de l’échec persistant de la politique gadget du logement de la droite depuis 2002. La maison à 100 000 euros, la proposition du candidat Sarkozy d’instaurer le crédit hypothécaire, le crédit foncier à 0% qui endette pour 40 ans ont mis à mal le mythe de la société du tous propriétaires que porte la droite et dont l’inaction a accentué la crise du logement dans notre pays.


Il faut dès aujourd’hui engagé un vaste plan de construction de 300 000 logements sociaux répondant aux plus hautes normes environnementales avant 2012 financé par l’impôt sur le patrimoine et par le quadruplement immédiat des amendes aux villes qui ne respectent pas le 20% de logements sociaux.

Par Michaël Boutines - Publié dans : Point de vue
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /2010 11:09
Le Mouvement des Jeunes Socialistes représente mon premier engagement politique. 10 années d'apprentissage, de luttes, de rencontres, de campagnes électorales, de formation... Après y avoir assurés des responsabilités aux côtés de nombreux camarades (notamment sous l'initiative de Cédric) et accompagnés les premiers engagements de nombreux camarades, aujourd'hui la nouvelle équipe "professionnalise" son activité par la création d'un site internet (grâce à un engagement militant) : http://mjsgers.fr

Surfez, militez, rejoignez le mouvement des jeunes socialistes !


Ci dessous le communiqué de presse : 

Le militantisme se conjugue au futur
 tout en ayant à l’esprit les réalités traversées par notre pays. Certains pensent que chanter sur des clips de mauvais goût, sans respecter le droit d’auteur, peut faire changer le monde. Nous, Jeunes Socialistes, préférons agir, nous rassembler, réfléchir et faire des propositions concrètes pour faire de nos régions des contre-pouvoirs à la casse des services publics, des collectivités territoriales et locales. Travailler et proposer pour les régions que l’on aime.

Après le lancement au niveau national du nouveau site du Parti Socialiste, de son nouveau logo, de la seconde version du site des Jeunes Socialistes et de la CooPol (pour Coopérative Politique), les Jeunes Socialistes du Gers ont l’honneur de vous présenter leur nouveau site web. Véritable outil de communication, fruit d’une réflexion amorcée il y a quelques mois par les Jeunes Socialistes Gersois, il sera la vitrine de nos actions sur le terrain, mais aussi une interface de dialogue pour les jeunes qui souhaitent échanger avec nous, se mobiliser pour l’immédiat et l’avenir. Ce nouveau site coïncide aussi avec le renouvellement de l’animateur fédéral. Astrid Bragato-Montané devient animatrice fédérale et remplace Romain Sabathier. Elle sera secondée par Grégoire Bessagnet. Pour en savoir plus, consulter la partie L’équipe locale.

C’est aussi l’occasion pour nous de vous souhaiter à tous une excellente année, en ayant une pensée pour les Haïtiens qui vivent une période très dure, et aux journalistes qui continuent leur métier d’information au risque de leur vie. 
Par Michaël Boutines - Publié dans : Article
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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 08:09

Le débat autour d'un quota éventuel de 30 % de boursiers dans les Grandes écoles a mis en lumière l'élitisme de l'enseignement supérieur français. Mais la question que posent les dérives actuelles des Grandes écoles n'est pas seulement celle de l'inégalité sociale dans l'accès à l'élite.

S'appuyant sur des enquêtes internationales, les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet avaient montré récemment le formidable gâchis que représente un système scolaire, tout entier bâti autour de la sélection par l'échec de la petite élite qui accèdera aux grandes écoles. Trop et trop tôt sélective, injuste et inefficace, l'école française doit redéfinir un véritable tronc commun pour mettre fin à cette dérive.

Depuis les chocs pétroliers des années 1970, tous les parents sont devenus, sans le savoir, des adeptes de la théorie du capital humain. Quel que soit leur milieu social, ils savent par expérience que, sur le marché du travail, le diplôme compte, que l'échec scolaire conduit à des impasses et que certaines orientations précoces sont des voies de garage qui se paient un jour au prix fort.

Sans refuser que l'école forme à la culture ou au civisme, les parents entendent d'abord qu'elle prépare convenablement au monde du travail. On est ainsi entré dans une culture anxieuse du résultat. Du coup, l'école, qui juge de la qualité des uns et des autres, devient à son tour l'objet de jugements de la part de ses élèves et de leurs parents. La mondialisation, vécue concrètement à travers les délocalisations, les expériences Erasmus ou la concurrence internationale, pousse naturellement à comparer son école à celle des pays voisins.

On se demande si nos collégiens savent plus ou moins de mathématiques que leurs homologues allemands ou anglais, si un ingénieur est mieux formé au Japon ou aux Etats-Unis qu'en France, si un élève sortant avec un niveau bac + 2 a plus de chances de trouver un emploi en France qu'en Espagne ou en Suède, si notre système d'enseignement supérieur, comparé à d'autres, n'est pas excessivement compliqué, etc. Pour répondre à ces questions, il est nécessaire d'apprécier avec des mesures sérieuses les compétences acquises par les élèves sur les bancs de nos écoles.

Elitiste et inefficace

Dans notre livre (voir "Pour en savoir plus"), nous avons examiné précisément les difficultés du système éducatif français à la lumière des enquêtes réalisées par le Programme international pour le suivi des acquis des élèves, mieux connu sous le nom de Pisa. Disons-le d'emblée, la plupart des problèmes identifiés par cet exercice de comparaison à grande échelle pointent un même ensemble de causes : l'élitisme républicain de notre école, sa culture du classement et de l'élimination précoce, sa tolérance aux inégalités et à leur reproduction. Sous la carrosserie égalitaire de notre République, c'est une forme d'aristocratisme inavouée qui fait tourner le moteur. En dépit des politiques de démocratisation entreprises ces dernières décennies (mais souvent inachevées), l'école française est en effet trop et trop tôt sélective.

Ecarts de points entre les élèves dont le statut économique, social et culturel des parents est élevé (le quart le plus favorisé) et ceux dont il est faible (le quart le moins favorisé), en 2006

Elle demeure au XXIe siècle otage des idées qui l'ont vue naître à la fin du XIXe : distinguer une petite élite sans se soucier d'élever significativement le niveau des autres. Pour certains, peu nombreux, la méritocratie scolaire est une course aux meilleures positions ; pour d'autres, très nombreux, elle se traduit par une relégation rapide et désormais particulièrement coûteuse sur le marché du travail.

Les résultats sont là, et ils ne sont pas brillants : la France, qui a longtemps cru disposer de la meilleure école du monde, fait figure de mauvaise élève dans sa catégorie, celle des pays riches et développés. Non seulement elle compte un taux très élevé de jeunes en échec, mais elle ne parvient pas à fournir des élites assez étoffées pour répondre aux besoins de la nouvelle donne économique. En somme, elle n'est ni juste ni efficace. Pire : dans cette affaire, comme souvent, l'école est à l'image de la société qui l'entoure, une société qui se pense plus juste et plus égalitaire que beaucoup d'autres, alors qu'elle est restée, en pratique, élitiste et inégalitaire. Une société où l'on continue de croire que les intérêts de l'élite ne sont pas ceux de la masse, alors que, partout ailleurs, tout porte à penser que l'élite est bonne, novatrice et abondante si la masse est bien formée et l'échec le plus rare possible. Quelle ironie de l'histoire : notre modèle ne parvient même plus à former ces puissantes élites pour lesquelles il semble pourtant organisé.

Question de méthode

Les enquêtes Pisa qui constituent la matière principale de nos analyses ne font cependant pas l'unanimité. La France est même, à cet égard, l'un des pays de l'OCDE où elles ont été le plus mal reçues. On leur a trouvé et on leur trouve encore mille défauts. Les responsables politiques préfèrent les tenir dans une semi-confidentialité en limitant autant que faire se peut les publications officielles à leur sujet. Les enseignants, de leur côté, se méfient de la culture de l'évaluation qu'elles véhiculent, avec son cortège de notions honnies et trop vite associées aux politiques néolibérales : benchmarking, indicateurs de performance, etc. Quant aux médias, ils n'en retiennent le plus souvent que l'aspect le moins intéressant et le moins profond : le palmarès général, spectaculaire mais simplificateur, des "bons" et des "mauvais" pays. Le résultat est que ces enquêtes, connues des experts, restent pour l'essentiel absentes du débat public sur l'école.

L'un des objectifs assumés de notre livre est précisément de les rendre au débat public. Pour plusieurs raisons. La première est leur qualité : Pisa fournit une mine d'informations sans égale et résiste, on le verra, à la plupart des objections méthodologiques qui ont pu lui être opposées. Les statisticiens qui ont mis au point ces enquêtes ont fait preuve d'une prudence et d'une rigueur remarquables. La plupart des experts s'accordent aujourd'hui sur ce point.

La deuxième est que le détour par l'étranger est intellectuellement très productif. Les débats français sur l'école sont le plus souvent conçus comme une affaire de famille : ils forment une sorte de huis clos collectif, prisonnier des passions politiques et des héritages idéologiques hexagonaux. L'élargissement aux comparaisons internationales nous aide à sortir de cette dramaturgie stérile et à mieux comprendre ce qui nous arrive. Ce déplacement de l'attention n'a pas seulement vocation à satisfaire une légitime curiosité pour l'ailleurs, mais à rafraîchir le regard sur nous-mêmes, à mettre à l'épreuve des convictions, à objectiver des hypothèses et à vérifier des analyses. Bref, les comparaisons internationales sont à la fois un instrument de connaissance et de reconnaissance : elles fournissent le produit de contraste nécessaire pour isoler la singularité du modèle national et les conséquences de son élitisme congénital.

La troisième raison est que les enquêtes Pisa suggèrent des pistes de progrès. Non seulement parce qu'elles révèlent que d'autres pays font mieux que nous, mais aussi parce qu'elles permettent de comprendre pourquoi et comment ils font mieux que nous. Il ne s'agit pas d'en conclure qu'il suffirait simplement de les imiter et d'importer leurs méthodes ; l'entreprise se heurterait rapidement à la singularité du contexte national : la France n'est ni la Finlande ni la Corée du Sud. Il s'agit, en revanche, d'identifier clairement les principes généraux qui pourraient présider à l'amélioration de notre système éducatif.

Définir un véritable tronc commun

Que nous apprend Pisa de ce point de vue ? D'abord, que les efforts de démocratisation sont payants. Tout montre en effet que la massification de l'enseignement a abouti à une réduction substantielle des inégalités sociales. Et que, malgré la crise économique persistante, la valorisation des titres scolaires n'est pas si mauvaise.

Comme les travaux fondateurs de Gary Becker, l'enquête Génération du Céreq (1) et les travaux de Marc Gurgand et d'Eric Maurin, Pisa souligne que les pays les meilleurs sont les plus riches. Il suggère aussi qu'ils sont les plus riches parce qu'ils sont scolairement les meilleurs. Quoi qu'on en pense, le niveau a monté (sans quoi la crise serait pire) et les écarts ont diminué dans l'accès au sommet, même si demeure une masse d'échecs initiaux trop importante pour une économie qui ne peut s'en sortir sans une production sophistiquée.

Au total, les enquêtes Pisa sont donc porteuses d'une excellente nouvelle : elles montrent qu'en ce début de XXIe siècle, la justice et l'efficacité sont condamnées à marcher main dans la main ou à décroître de concert. Les pays qui occupent les premiers rangs en matière de performance scolaire sont aussi, bien souvent, ceux qui limitent le plus les inégalités. Que faut-il en déduire concernant le système éducatif français ? Un ordre de priorités en haut duquel se situent le sort de l'école obligatoire et la définition du tronc commun. Il ne s'agit pas bien sûr de passer sous silence d'autres difficultés. Il existe en France des problèmes persistants, et ce à tous les étages.

En haut, la vieille dichotomie entre grandes écoles et universités, déjà dénoncée par Marc Bloch dansL'étrange défaite (2) comme un obstacle corporatiste à une recherche fondamentale en symbiose avec la recherche appliquée, est toujours aussi dysfonctionnelle. Or seule une vraie recherche peut sortir de l'impasse un pays aussi riche en capital économique et culturel que la France. De ce point de vue, l'opposition rhétorique entre recherche fondamentale et recherche appliquée n'a pas de sens pratique.

Au milieu, les orientations dans l'enseignement technique et professionnel sont en grande contradiction avec les sanctions économiques. Ce sont les formations industrielles qui permettent d'entrer dans une véritable carrière professionnelle. Les formations tertiaires entraînent beaucoup de galères et obligent les jeunes à inventer des itinéraires sans rapport avec leur formation de départ. Or les formations tertiaires sont aujourd'hui les plus nombreuses.

On pourrait pointer bien d'autres problèmes encore. Mais ce que montre Pisa, c'est que le centre principal de nos difficultés se situe à la base du système : la France n'a pas su se doter d'un véritable tronc commun assurant une formation élevée au plus mauvais élève sortant du plus mauvais de nos collèges. Elle s'accommode d'un modèle qui produit de vastes bataillons d'élèves en échec et une élite trop rare, quand les transformations de l'économie exigent des élites plus nombreuses et des qualifications toujours plus élevées pour l'ensemble de la population. Comme l'ont noté plusieurs observateurs, l'école française est l'une des meilleures du monde… pour une petite moitié de ses élèves, et l'une des plus mauvaises pour l'autre moitié. La France est ainsi le pays du grand écart : si ses élites scolaires font presque jeu égal avec l'excellence internationale, 40 % de ses effectifs se situent dans les profondeurs du classement. D'un côté, on tutoie la Finlande et la Corée du Sud, de l'autre, on voisine avec le Mexique et la Turquie.

C'est en s'attaquant à la définition du tronc commun et à l'ambition de l'école obligatoire que l'on se donnera des chances de mettre fin au formidable gâchis de capital humain qui caractérise aujourd'hui notre système éducatif. Gâchis alimenté, on l'a dit, par l'élitisme républicain, mais aussi par le sexisme : gagnantes au premier étage, les filles se placent mal au troisième. Dans le palier médian, elles sont beaucoup plus souvent que les garçons victimes des orientations tertiaires.

Christian Baudelot et Roger Establet, sociologues
Par Michaël Boutines - Publié dans : Lu sur le net
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 09:27

La mission conjointe du Conseil Général de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Espaces Ruraux et de l’Inspection Générale des Affaires Sociales a réalisé ses investigations sur la période d’avril à juillet 2009.  Le rapport présenté, conformément aux options arrêtées avec les commanditaires au moment du lancement de la mission, est plus un document d’orientation qu’un texte à visée opérationnelle. La mission, à l’occasion de ses déplacements dans cinq départements et de l’analyse récente de l’évolution du milieu rural, dégage quelques lignes forces sur ces questions de précarité. 


L’économie et la composition socioprofessionnelle du milieu rural l’exposent au développement de situations de précarité 

Onze millions d’habitants, soit 18 % de la population de France métropolitaine, résident dans  « l’espace rural », tel que le définissent les outils statistiques. La quasi-totalité des indicateurs montrent que les territoires concernés, comme leurs habitants, se situent au-dessous des moyennes nationales tant en termes de participation à l’économie nationale, que de revenus, de qualification ou d’emploi. 


Près de soixante pour cent des bassins de vie ruraux consacrent en effet l’essentiel de leur activité à la satisfaction des besoins des seules populations locales, « l’économie résidentielle »  étant associée parfois au tourisme ; une « économie industrielle », présente de longue date, absorbe la majorité des emplois dans un dixième des bassins de vie ; l’activité « agri-alimentaire », enfin, n’est dominante que dans moins d’un centième d’entre eux. Les activités de caractère « tertiaire qualifié », majeures en milieu urbain, sont peu représentées dans l’espace rural. 


Les personnes âgées en milieu rural sont proportionnellement plus nombreuses : 27 % de plus de 60 ans, contre 21 % en milieu urbain. Mais surtout les catégories les moins qualifiées sont surreprésentées parmi les actifs en emploi : 32% d’ouvriers et 27 % d’employés, contre 7 % de cadres et professions intellectuelles (7% d’agriculteurs). Dans les dernières années, le milieu rural a subi de plein fouet les réductions d’emploi qui ont touché les secteurs de l’industrie et de l’agriculture. 
 
La régression démographique, qui s’est longtemps accompagnée d’un vieillissement de la population, ne se poursuit que sur certains territoires ; dans la dernière décennie, un dynamisme démographique rural significatif est apparu, essentiellement causé par des migrations de l’urbain vers le rural. Malheureusement, ces migrations principalement composées de ménages d’employés, ouvriers et professions intermédiaires, renforcent le déséquilibre socioprofessionnel rural antérieur. 


La pauvreté rurale, fréquente, a de multiples visages. 

Le taux de pauvreté monétaire moyen dans l’espace rural en 2006 est de 13,7 %, contre 11,3 % dans l’espace urbain. Les ruraux sont donc en moyenne « plus souvent pauvres ». En outre, dans plus d’un tiers des départements de France métropolitaine, le taux de pauvreté dans la population rurale dépasse 19 % , dont quatre pour le Nord de la France ainsi que tous les départements des régions PACA, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Auvergne et Limousin, débordant largement sur Poitou Charentes, un peu sur l’Aquitaine et le sud de Rhône-Alpes.  


Les situations ne sont pas identiques selon le degré d’enclavement des territoires ruraux, la densité et la nature de leur tissu économique, le dynamisme de leur démographie. Pour décrire ces populations en difficulté, plusieurs figures-types caractéristiques des populations concernées par la pauvreté et la précarité sont présentées. Leurs fréquences respectives, qu’il serait sans doute vain de chercher à quantifier, varie selon les territoires. Elles comprennent aussi bien des ruraux d’origine que de "nouveaux" arrivants. 


Dans la première catégorie, on trouve les agriculteurs de certains départements dont l’exploitation dégage peu de revenus, des personnes victimes de la désindustrialisation, des personnes âgées à faible revenu isolées et mal logées ainsi que des jeunes sans qualification et parfois en rupture familiale. Ces catégories de population font peu valoir leurs droits. 
 
Sont concernées par la seconde catégorie, les néo ruraux installés à la campagne pour des raisons de coût du logement et confrontés à des difficultés à la fois financières et liées à l’isolement, des familles urbaines en situation de pauvreté s’installant en milieu rural et des personnes en « errance ». Pour les publics concernés, le milieu rural a parfois été idéalisé, sans prise en compte suffisante des problèmes de mobilité (coût du transport, ou accès à des transports collectifs), d’organisation de garde d’enfants, de rareté de l’emploi, d’accès à divers services et notamment au logement très social. 


Pour aider ces populations en difficulté, des politiques d’une ampleur variée sont mises en œuvre au plan local. Une des difficultés importantes du travail social en milieu rural tient aux attitudes « taiseuses », de personnes ou de familles qui supportent sans se manifester de très mauvaises conditions de vie, se replient sur elles-mêmes, ou se protègent du qu’en dira-t-on. 


Par Michaël Boutines - Publié dans : Lu sur le net
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 09:42

L’équipe de France féminine de handball a joué et perdu la finale du mondial dans l’indifférence générale. Il faut dire que ce sport rapporte peu, et que des femmes sont en compétition... Le point de vue de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

L’équipe de France féminine de handball a joué, et perdu (25-22), la finale du mondial, qui s’est déroulée dimanche 20 décembre en Chine. En soi, l’événement n’a pas grand-chose à voir avec l’activité de l’Observatoire des inégalités. Les compétitrices sont sur un pied d’égalité et ces matchs ne vont pas bousculer l’ordre du monde...


Pourtant, une chose est frappante : contrairement au football ou au rugby masculin, aucun match de l’équipe de France n’a été retransmis sur une chaîne de télévision gratuite et personne n’a trouvé à redire à cette indifférence. Seule la finale a été diffusée... Imaginons l’ampleur de la protestation si un seul des matchs de simple qualification pour la coupe du monde de football masculin n’était pas diffusé gratuitement... Il est arrivé la même mésaventure au basket ou au volley-ball masculins, dont de grands matchs ne sont pas passés à la télévision. Pour le handball, la présence de femmes à l’écran ajoute à l’indifférence générale en réduisant encore la portée de l’événement.


Plusieurs raisons expliquent l’absence d’intérêt des médias. Celle des entreprises privées que sont les chaînes de télévision généralistes comme TF1 ou M6 est logique. Leur objectif est l’audience maximale, afin d’obtenir plus de publicité, qui représente l’essentiel de leurs revenus. Pas de servir l’intérêt général. Les 300 000 licenciés de la Fédération française de handball et les amateurs de ce sport en général sont beaucoup moins nombreux que ceux de football. On peut comprendre que les médias privés ferment leurs portes aux sports "mineurs" et aux femmes qui font moins vibrer l’audimat.


Il revient au service public de diffuser les matchs - au moins pour les sports qui recueillent un minimum de pratiquants - au nom de l’intérêt général. Mais le service public de l’audiovisuel n’a guère de réels objectifs de service public. Il est divisé entre une chaîne élitiste qui s’adresse à une audience très restreinte (Arte), et deux chaînes qui assurent des obligations minimales, tout en essayant comme le privé de maximiser leurs recettes de publicité. France télévision n’a pas jugé bon de diffuser les matchs.


Cette situation en dit long sur l’hypocrisie du service public. On ne cesse de proclamer l’"égalité", la "diversité", la "parité" mais dans les faits, il en est tout autrement. L’absence de médiatisation d’une compétition mondiale féminine n’aura éveillé l’attention de personne... Elle en dit long aussi sur le véritable intérêt que porte notre société - ou au moins ses élites - sur certaines pratiques jugées mineures comme sur les activités féminines.

Par Michaël Boutines
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Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /2010 12:16

Les voeux de Martine Aubry pour l’année 2010

Par Michaël Boutines - Publié dans : Lu sur le net
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Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /2009 09:33

Au début de l’été, dans les premiers jours de juillet, un conseil communautaire était convoqué de manière ordinaire mais l’ambiance autour était tout autre. Depuis les derniers conseils d’écoles, les associations de parents d’élèves venaient d’apprendre de manière unilatérale que les repas servis dans les cantines allaient tous être des « plateaux en liaison froide ». Ce débat sur la restauration scolaire restera un des moments forts d’actualité citoyenne et politique en Savès. En cette fin d’année, je vous propose une petite rétro... Lumière au cœur du débat de la Communauté de Communes du Savès (CCS) du 2 juillet 2009, de la mobilisation des parents d’élèves à une prise de conscience citoyenne sur un choix de société : quelle restauration scolaire voulons nous pour nos enfants ?


Plus de 200 parents et citoyens étaient présents à l’arrivée des élus locaux. Certains prirent le temps de saluer celles et ceux qui connaissaient, d’autres ont eu des attitudes plus provocantes. La détermination des parents sur la restauration scolaire nécessitait que le Conseil Communautaire se saisisse de cette question. N’étant pas à l’ordre du jour, le Président de la CCS joua la procédure face à l’interpellation citoyenne et il refusa d’ouvrir le conseil pour installer un débat sur cette question. Le débat et l’expression libre ne sont ils pas deux éléments constitutifs d’une démocratie ? Il préféra radicaliser le mouvement et jouer la démobilisation en n’acceptant pas d’ouvrir la discussion, même de manière informelle. Une fois de plus, il montre son vrai «visage» !


Condamnés à se taire, les parents présents se relayèrent à l’intérieur de la salle du conseil, qui reste une séance publique (je vous invite à y venir régulièrement) et organisèrent autour du siège de la CCS un pique-nique, des discussions, des chansons pour se faire entendre. Il est à noter que le Savès n’avait pas connu de mobilisation citoyenne dans la rue d’une telle ampleur, preuve que les inquiétudes et le malaise étaient profonds. 


Il fallut patienter plus de 2 heures avant que l’ensemble des points à l’ordre du jour s’épuisent pour qu’en questions diverses un débat s'ouvre entre élus et sans les parents d’élèves

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Je vous propose un retour sur ce débat... Entrez sans frapper !

 


Dans ces propos introductifs, le Président de la CCS dressa un état des lieux des discussions avec les parents d'élèves au sujet du changement de mode de restauration scolaire. Evidemment, il présenta de manière "orientée" le positionnement des parents d'élèves tout en indiquant que ce sujet était pris d'assaut par les partis politiques alors qu'il s'agissait d'une question technique. Il maîtrise parfaitement ce dénigrement des réflexions citoyennes. 


Deux interventions suivirent de la part de Mr Fornelli et Mr Lefèvre : 


Mr Fornelli débuta son intervention par cette phrase « je ne suis pas un gauchiste et ce n’est pas une maladie Monsieur Traverse» qui marmonnait dans son dos dès qu’il débuta son intervention. « J’ai ma réflexion de citoyen» et il interpella le Président qui discutait avec sa DGS (Directrice Générale des Services, pour ne pas la nommer Mme Pikamil) et faisant semblant de ne pas l'écouter, par un « je vous parle Monsieur Loubon ! »

Il rappela sa proposition de discussions avec des spécialistes et des acteurs en matière de restauration scolaire qu’il avait fait dès le 22 octobre 2008 lors du premier vote sur les orientations de la CCS en la matière. 

Il revient ensuite sur le conseil d’école du 26 juin dans lequel le Président de la CCS a personnalisé le débat ; il indiqua qu’il y avait des mots à éviter mais que la réflexion ne doit pas être éviter. Il constate que la situation d’aujourd’hui démontre clairement qu’il y a un déficit d’écoute et de démocratie. Les parents ont le droit de s’exprimer et d’être entendu par les élus. Les parents sont mis devant le fait accompli pour la rentrée.

Le département du Gers travaille sur les filières d’excellence; le débat sur l’écologie aux dernières élections européennes, le grenelle de l’environnement du gouvernement et ses préconisations pour bien manger et bien produire,  ce sont vos amis qui sont au gouvernement, appliqués donc leurs solutions.  

En conclusion, il rappela que les organisations politiques prennent position et que c’est leur droit. 

Vous crispez les parents par vos mots « vous êtes des abrutis».  Il demanda solennellement de revoir la copie et d'ouvrir un débat. 


Mr Lefevre effectua un témoignage à plusieurs niveaux : élu, parent d’élèves et membre de l’association de la cantine de samatan.


En tant que parent d’élèves, annoncer le 25 juin, un changement dans le mode de restauration scolaire pour la rentrée de septembre a été très mal perçu. Il ne s’agissait pas d’une concertation mais d’une information verticale. Les parents auraient dû être consultés. Il trouve que la méthode utilisée était extrêmement maladroite !


Revenant sur l’argumentation des services vétérinaires : après un appel téléphonique à Madame FAMOSE, Directrice la DSV (Direction des Services Vétérinaires) il rappella qu'elle n’a jamais imposé le portage froid. La DSV a demandé de proposer une mise en conformité des cantines et un échéancier. Aujourd’hui, il n’y a pas d’échéancier et une précipitation en 2 mois.

 

Les parents d’élèves sont responsables : Partout ils attendent qu’il faut revoir nos systèmes de consommation. Que demandent les parents ? Réfléchissons, ayons une réflexion !

En tant qu'élu : On peut également trancher de la manière dont les élus doivent prendre une décision pour savoir si l’on doit discuter ou ne pas discuter avec les parents d’élèves qui ne sont pas des élus. A son avis, la question de la restauration scolaire mérite un débat avec tous les acteurs avant de prendre une décision.  


En conclusion, il fit une comparaison entre la magnifique étude présentée en début de Conseil sur les parcelles de la Zone Industrielle alors que cela n’a pas été possible sur la restauration pour l'instant. Il termina son intervention par cette affirmation : "Oui cela coûte cher ! Mais nos enfants coûte cher, l’éducation coûte chère : c’est un choix de société.  On peut raisonner comme vous, on peut brader les enfants ! "


Le Président de la CCS tenta une provocation envers Mr Lefevre en indiquant " vous avez des propos limites". La salle réagit en faux et il entra dans la provocation en insistant "Plus que limites et en plus il se fait tard"


Ensuite, il rappela que pour lui à Lombez nous n’avions pas le choix ! "Depuis 1995 l’école est en portage de repas... sachez le ! C’est l’hôpital qui nous portait les repas... Depuis que je suis aux commandes, je me suis aperçu que rien n’est parfait... La décision a été prise par l’hôpital, ce n’est pas moi qui le dis... Tout sera en liaison froide (pour tous les repas en interne et en livraison) pourquoi les écoles ne seraient pas en liaison froide... On peut aussi fermer la cantine. La DSV n’a jamais dit qu’il fallait faire de la liaison froide, elle impose des normes. Je ne prendrai pas un risque, elle est classée en D."http://farm5.static.flickr.com/4002/4239888470_f0e3bdf177_b.jpg


Mr Chaze proposa qu’après ses échanges nous réalisions une étude de faisabilité sur une cuisine centrale communautaire et qu’en attendant ses conclusions nous gelions tous les projets en cours depuis le 22 octobre 2008. 


Le Président de la CCS ne voulait ni prendre de position, ni de décisions ce soir. Sentant que le débat démarra à nouveau de plus belle sans proposa de lever la séance... .

Et tout à coup, Mr Magnouac, Vice Président en charge de l'éducation pris la parole et il valida "à l'insu de son plein gré" les arguments développés par la "majorité communautaire" :  "nos écoles sont insalubres" dit il, " Cazaux cela va être réglé,  Lombez est un cas grave ! ". Une interpellation suivit de la part d’élus sur Cazaux :  "on règle l’école de Cazaux en construisant une école à Noilhan !" 


Le Vice Président poursuivit son prise de parole en annonçant : "on commence l’étude en 2011 après les écoles; nous sommes dans l’incapacité de faire des cuisines autonomes dans chaque école... On ne peut pas faire une cuisine, la priorité ce sont les écoles... On a hérité des écoles dans des états déplorables !"


Mme Fabre enchaîna en insistant sur le fait qu'il lancer une étude avant de faire des cuisines satellites autrement nous assisterons à la pérennisation d’une situation qui ne devait être que provisoire et nous n’aurons plus le choix. 


Après une prise de parole de Mr Daran, Mr Chaze fit une proposition qui va donner un dénouement à ce débat : en vertu de article 7 de nos statuts qui stipule qu' «à la demande du tiers des membres du conseil communautaire, un Conseil Communautaire peut être convoqué avec un ordre du jour précis dans les huit jours », je vous propose que nous saisissions cette possibilité pour lancer une étude sur une cuisine intercommunale. 


Il fait circuler une feuille pour que les élus qui souhaitent un conseil communautaire e
xceptionnel sur cette problématique se positionne et obligeant ainsi le Président à s’exécuter.
 

Le Président de la CCS ira discuter avec l’Hôpital pour prendre en charge les repas pour le début de l’année pour l’école de Lombez. 


Dans le même temps, Mr Chaze annonce que le tiers est largement dépassé ! Première victoire politique qui ouvre une perspective à la suite de la réaction citoyenne des parents d'élèves. 


Le Président tente une nouvelle tentative afin d’éviter un nouveau débat et de reporter en septembre... Mais les élus demandent de respecter la procédure statutaire... Rendez vous pris au 17 juillet pour valider la nouvelle approche de la CCS sur le sujet d'actualité locale et véritable choix d'avenir pour notre territoire : quel type de restauration scolaire de qualité voulons nous pour nos enfants  ? 

 

Par Michaël Boutines - Publié dans : Article
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /2009 11:51

Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. De nombreuses voix s’étaient pourtant élevées pour avertir que le lien posé d’emblée entre l’immigration et l’identité nationale était de nature à libérer une parole au « mieux » stigmatisante, au pire raciste.

Malheureusement, ces prédictions apparaissent aujourd’hui se situer bien en-deçà d’une réalité inquiétante et nauséabonde. En effet, depuis plusieurs semaines, les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population.

Un nombre substantiel de réunions nous font honte tant les propos qui y sont tenus heurtent nos consciences de républicains et de démocrates, attachés aux valeurs du vivre ensemble. Propos violents envers les immigrés et leurs enfants, vision caricaturale des « jeunes de banlieue », obsession autour de la figure du musulman comme euphémisation d’un racisme anti-arabe qui n’ose plus s’exprimer en ces termes : voilà quelles semblent être les principales réflexions qui émergent des réunions tenues sur le territoire.

Pire, des responsables politiques de premier plan ont cédé au tropisme de la stigmatisation. Ainsi, il y a quelques jours, une Ministre de la République, Nadine Morano, livrait en creux sa vision du musulman, essentialisé dans la position de celui qui refuse de s’intégrer à la Nation, fût-il français.

La technique consistant, face aux tollés soulevés par de tels propos, à expliquer que ces derniers ont été mal compris ne doit pas faire illusion. La preuve n’est plus à faire que le débat sur l’identité nationale, bien loin de renforcer l’adhésion aux valeurs de la République, est un facteur de haine et de désunion, là où notre pays devrait s’atteler à cultiver le vivre ensemble. Un vivre ensemble trop fragile pour qu’il soit affaibli à travers un débat qui, posé en ces termes, ne pouvait finalement rien produire d’autre.

Face à cette réalité qu’il est inutile de vouloir camoufler, il est tout aussi inutile de sortir la carte du « peuple dont l’expression est légitime ». Car, dans notre pays comme dans toutes les grandes démocraties, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. À cet égard, les propos racistes tenus dans des réunions organisées par les préfectures sont d’autant plus graves que l’Etat vient apposer sa légitimité à l’expression de pensées qui n’ont pas lieu d’être dans l’espace public.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de mettre un terme à ces réunions, sans quoi la République française que vous représentez aura fait le choix de laisser se tenir en son sein et avec son assentiment un débat de nature à briser durablement les fondements de notre vivre ensemble.

Signez la pétition de SOS Racism
 

Par Michaël Boutines - Publié dans : Pétition
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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /2009 20:05

L'économie peut-elle devenir durable? On en est très loin pour l'instant, et notre capacité à y parvenir avant que l'humanité se soit fracassée sur les conséquences des désastres écologiques qu'elle a suscités paraît bien incertaine. Cela tient moins à la difficulté technique de la chose, bien réelle, qu'aux obstacles sociopolitiques qui s'opposent à toute réorientation rapide et massive de nos modes de production et de consommation. Car les actions à mener ont à la fois un coût élevé et un impact très fort sur la distribution des richesses et des positions sociales. De quoi heurter de puissants intérêts et remettre en cause bien des positions acquises. Dit autrement, réduire les inégalités du monde et de nos sociétés est à la fois une condition pour engager les réorientations nécessaires et, en même temps, une condition pour obtenir des résultats à la hauteur de l'enjeu.


Edito de Guillaume Duval dans le Hors Série
d'Alternatives Economiques "l'Economie Durable" 


Des outils à disposition
Les périls écologiques qui se sont accumulés depuis les débuts de l'ère industrielle sont colossaux. Dans le contexte de la conférence de Copenhague, il est beaucoup question actuellement du changement climatique et des moyens de le limiter. Et c'est bien normal: il s'agit incontestablement d'une des menaces à la fois les plus lourdes de conséquences et les plus difficiles à combattre, car pour être efficace, la lutte doit absolument être mondiale. Mais le climat est malheureusement très loin d'être le seul problème: les pénuries d'eau douce, la dégradation des sols, les pertes de biodiversité, l'accumulation des déchets toxiques dans notre environnement et dans les chaînes alimentaires..., nous n'avons que l'embarras du choix, alors même que la croissance de la population mondiale, bien qu'en net ralentissement, devrait se poursuivre encore jusqu'au milieu du siècle. Sauf guerre ou catastrophe sanitaire, pas totalement improbables dans le contexte actuel.

Pourtant on sait, dans une grande mesure, ce qu'il faudrait faire. Tout d'abord réduire rapidement et massivement l'usage des combustibles fossiles et des matières premières non renouvelables. Production d'énergie, transports, isolation des bâtiments..., on maîtrise déjà de nombreuses techniques pour y parvenir. Il y a une quinzaine d'années déjà, un rapport du Club de Rome intitulé "Facteur 4" dénombrait toutes les technologies qui permettraient de diviser par quatre les consommations tout en offrant les mêmes services au final. Et encore, un de ses auteurs, Amory Lovins, du Rocky Mountain Institute, aux Etats-Unis, expliquait-il qu'à l'origine ce rapport devait s'appeler "Facteur 10", mais qu'il avait été décidé de n'afficher "que" Facteur 4 pour ne pas effaroucher les incrédules... On sait également que si l'on consacrait à ces questions un effort de recherche et développement majeur, au détriment par exemple de celui consacré aux armes de destruction massives, nous serions en mesure d'élargir rapidement le champ des possibles.

Au-delà des technologies proprement dites, on sait aussi dans quelle direction il faudrait réorienter le système productif et les modes de consommation. Il faut emprunter la voie de ce qu'on appelle "l'écologie industrielle" ou encore "l'économie circulaire": comme c'est le cas dans la nature, les processus de production que nous organisons ne doivent plus produire de déchets, mais des sous-produits réutilisés dans d'autres processus de production. L'idée est simple et très ancienne, mais elle demeure plus facile à énoncer qu'à mettre en oeuvre. Notamment parce que c'est une mutation très coûteuse en "coûts de transaction", comme disent les économistes: pour que quelqu'un puisse utiliser le souffre récupéré dans les cheminées d'une usine, encore faut-il lui faire savoir que ce souffre existe, en négocier le prix, les délais de livraison, etc.

Il nous faut aussi aller vers une "économie de fonctionnalité": on gaspille beaucoup aujourd'hui, parce que les producteurs ont intérêt à nous faire acquérir des biens peu durables et à nous amener à en racheter de nouveaux le plus rapidement possible. S'ils nous louaient des services, au lieu de nous vendre des biens, ils auraient intérêt à utiliser des produits durables, économes en énergie et facilement réparables pour rentabiliser leurs services. Mais là aussi, le passage d'un système à l'autre ne manquerait pas de bousculer tant la structure de l'offre que les habitudes de consommation. Il suffit pour s'en persuader de constater les difficultés rencontrées par les systèmes de mise à disposition de voitures en libre-service qu'on essaie de développer aujourd'hui, comme Autolib à Paris.

On sait enfin quels outils de politiques publiques il faut mettre en oeuvre pour amener les acteurs économiques, industriels, consommateurs à modifier leurs comportements. Et cela sans nécessairement renoncer aux nombreux avantages qu'offre une économie de marché en matière de décentralisation et de liberté individuelle tant au niveau des offreurs que des consommateurs. Avec les interdiction, les labels, les normes, les taxes, les permis d'émission..., les Etats disposent en effet de toute une panoplie d'outils, désormais bien maîtrisés, pour réorienter l'économie.

Les inégalités en cause

Si le problème n'est pas vraiment du côté de la technique, ni même de la structure du système économique, où se situe-t-il? Cela fait plus de vingt ans maintenant que nous savons que le mur écologique se rapproche à grande vitesse. Pourquoi donc restons-nous comme paralysés, incapables d'engager les transformations manifestement nécessaires? C'est parce que, comme souvent, la question la plus compliquée à résoudre est celle des relations entre les êtres humains eux-mêmes. Dans un contexte démocratique, les dirigeant(e)s politiques ont besoin d'être réélu(e)s tous les quatre ou cinq ans. Or, la plupart des mesures à prendre pour faire face aux déséquilibres écologiques ont un caractère d'investissement: elles sont coûteuses à court terme, empêchant d'autres dépenses publiques ou amputant les ressources des citoyens, et ne "rapportent" qu'à long terme, si dans deux ou trois générations nous avons réussi à éviter la catastrophe écologique.

Résultat: les hommes et les femmes politiques, même lorsqu'ils sont convaincus de l'enjeu, ont beaucoup de mal à faire adopter les mesures nécessaires: il se trouve toujours un(e) adversaire politique pour surfer sur le mécontentement que suscitent inévitablement les mesures proposées. Malgré le Grenelle de l'environnement et le consensus bipartisan qui semblait se dessiner autour de ses enjeux, on vient d'en avoir encore un bon exemple en France avec la tempête politique qu'a soulevée le projet de taxe carbone, malgré son montant peu élevé! Cette difficulté intrinsèque à la politique démocratique est évidemment démultipliée à l'échelle internationale par l'absence de gouvernance mondiale et la prime que cela donne aux comportements de passagers clandestins: sur ces problèmes qui respectent rarement les frontières des Etats, on peut souvent être gagnant si les autres font le boulot, sans que soi-même on participe à l'effort collectif.

Mais ce qui rend rédhibitoire ces difficultés de technique politique, ce sont les inégalités fantastiques qui existent au sein de chaque société, et encore plus à l'échelle mondiale. Les coûteuses mesures à prendre ont en général pour effet de menacer davantage, en termes relatifs, les revenus des plus pauvres, au sein de chaque société comme à l'échelle mondiale. Pourtant, au niveau de chaque société, ce sont incontestablement les plus riches qui gaspillent le plus. Pour ne rien arranger, leur consommation ostentatoire alimente aussi la dynamique du gaspillage des autres. De même à l'échelle mondiale, les pays les plus riches portent la plus grande responsabilité dans l'état - déplorable - de la planète du fait des dégâts causés par deux siècles de développement non maîtrisé.

Autrement dit, la problématique écologique n'a de solution que dans le cadre d'une vaste politique de redistribution des richesses au sein de chaque société comme à l'échelle mondiale. Mais l'histoire montre que les nantis n'acceptent jamais de voir leur position remise en cause de leur plein gré.

En attendant Pearl Harbour

Parviendrons-nous à surmonter ces obstacles - humains - à temps? Ce n'est pas sûr. Mais pour conclure sur une note un peu optimiste, reprenons l'analogie qu'utilise Lester Brown, l'un des pionniers de l'écologie aux Etats-Unis. Pour lui, la période actuelle rappelle les discussions longues et difficiles qu'avaient eues les Américains avant d'entrer dans la Seconde Guerre mondiale. Et cela pour des raisons parfaitement compréhensibles, quand on mesure le sacrifice consenti par la suite... Et puis il y eut Pearl Harbour. Tout en restant une démocratie, le pays s'est alors entièrement mobilisé pour l'effort de guerre: pas une seule automobile individuelle n'a été construite pendant quatre ans. La période actuelle n'est donc peut-être que la longue - et frustrante - période de maturation inévitable pour dégager les bases d'un consensus acceptable afin de répartir l'effort nécessaire tant au sein des sociétés qu'à l'échelle mondiale. Si c'est le cas, il reste juste à espérer que le Pearl Harbour écologique qui nous décidera (enfin) à agir ne sera pas trop dramatique...

Par Michaël Boutines - Publié dans : Lu sur le net
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