Depuis
plusieurs mois, parents, enseignants, éducateurs, chercheurs sont inquiets et se mobilisent partout en France pour dénoncer les réformes liées à l'école. Les médias traditionnels ne
relaient pas du tout l'ampleur de ces mouvements. Face à cette désinformation, nous avons décidé de ne plus nous taire et de vous informer sur le réel contenu de ces réformes.
- Suppression de milliers de postes :
· 2007: moins 9000 postes
d'enseignants, 2008: moins 11200 postes, 2009: moins 13500 postes.
· Diminution de moitié du nombre
d'enseignants recrutés au concours 2009 d'où une augmentation inévitable des effectifs dans les classes et de mauvaises conditions d'apprentissage pour les élèves.
· Suppression de 1500 postes
d'enseignants spécialisés des Réseaux d'Aide aux Enfants en Difficulté (psychologues scolaires, rééducateurs, maîtres d'adaptation) formés pour prendre en charge,
pendant le temps scolaire, des enfants qui, pour des raisons psychologiques, affectives..., n'arrivent pas à apprendre, malgré l'aide apportée par l'enseignant dans sa classe
Ex
: Max a de
grosses difficultés à se concentrer, un suivi avec un enseignant rééducateur du RASED l'aide à améliorer son comportement. S'il n'y a plus de réseaux,
qui aidera Max ? Les CMP et CMPP (centres médico psycho-pédagogiques) sont déjà débordés.
· Suppression de postes des
enseignants détachés auprès d'associations complémentaires à l'école (sport, théâtre, cinéma...)
Ex :
Des
enseignants sont chargés d'organiser la programmation de spectacles, de rencontres sportives, de films, de concerts (JMF, USEP, Ciné 32, Théâtre à l'école).
Leur
réaffectation dans les classes mettra fin à toutes ces possibilités d'ouverture culturelle et sportive.
-
Mise en oeuvre des nouveaux programmes :
· alourdis, ceux-ci créeront des
difficultés supplémentaires du fait de l'apprentissage prématuré de notions trop complexes.
Ex
: cette année, en C.P., Max doit apprendre à poser la soustraction alors qu'il commence juste à comprendre comment fonctionnent les nombres
· mécanisation de l'apprentissage
aux dépens de la compréhension
Ex
: Max devra s'entraîner de nombreuses fois à poser les soustractions sans avoir vraiment compris le sens de cette technique très abstraite
- Diminution de deux heures hebdomadaires d'enseignement (équivalent de 3 semaines par an, 5 mois sur l'ensemble de la scolarité primaire)
en contradiction avec l'alourdissement des programmes
- Enseignement des langues généralisé à
l'ensemble des classes du CP au CM2,aucun moyen dégagé par le ministère. Chaque école doit se débrouiller avec les moyens du bord, ici un professeur diplômé payé par la mairie, ici un parent
bénévole, là un enseignant de l'école qui jongle avec toutes les classes et a du mal à suivre ses propres élèves, ailleurs rien.
Ex: Max, Léo et Julie arrivent en
6e. Max n'a jamais fait de langue à l'école, Julie a fait 4 ans d'anglais avec une maman d'élève anglaise, Léo a fait de l'occitan avec sa maîtresse pendant deux ans. Au collège, aucun
moyen pour tenir compte de cette diversité, fi des acquis ! On considère que les enfants n'ont rien fait, on démarre à zéro.
- Mise en place de l'aide personnalisée, prétexte à destination des parents pour supprimer les
RASED, ce qui est en totale contradiction avec la volonté annoncée de diviser par 3 le taux d'élèves en grande difficulté scolaire et qui allonge les journées des enfants en difficulté, sans
garantie d'efficacité.
Ex: Avant, Julie était
aidée sur le temps scolaire par la maîtresse d'adaptation du RASED, maîtresse formée spécifiquement à la difficulté scolaire, qui travaillait avec un
petit groupe d'élèves qui présentaient le même type de difficultés.
Aujourd'hui,
avec la disparition des RASED, Julie, en dehors du temps scolaire, participe à l'aide personnalisée avec d'autres enfants rencontrant des difficultés diverses, sa maîtresse, non spécialisée, fait
au mieux mais se trouve un peu désemparée. La journée de Julie est plus longue que celle de ses camarades.
- Déscolarisation des enfants de 2 ans puis de ceux de 3 ans qui annonce la disparition programmée de l'école maternelle, remplacée par des jardins d'éveil encadrés par des personnels non
enseignants et à la charge financière des familles et des mairies.
- Création
d'une Agence Nationale du
Remplacement qui s'occupera du recrutement des remplaçants (diminution des exigences, précarité des emplois, bas salaires, congés non payés) les remplaçants seront donc des vacataires
(emplois précaires) et non plus des enseignants recrutés sur concours. Déjà les inspecteurs d'académie font appel à l'ANPE. Les remplacements de courte
durée ne seront donc plus assurés puisqu'il faudra payer les remplaçants au nombre d'heures effectuées ... On demandera sans doute aux mairies d'assurer l'accueil....
- Suppression des IUFM (instituts de formation des maîtres) en juin 2009, formation initiale au rabais pour des enseignants qui devront apprendre sur le
tas.
Comment croire à la volonté d'améliorer les performances de notre école, lorsqu'on choisit d'envoyer dans les classes des personnels n'ayant aucune formation pratique ?
- Base
Élèves : acceptez-vous que vos
enfants, dès l'entrée à l'école, soient immatriculés dans des fichiers accessibles à diverses administrations et contenant des informations personnelles ? Des directeurs refusant de le faire
sont menacés de révocation.
- Regroupement
des écoles en EPEP
(Établissement Public d' Enseignement Primaire), avec à la clé des fermetures de classes (globalisation des effectifs). Disparition des petites écoles rurales, regroupement dans les chefs-lieux
de canton. Chaque EPEP sera dirigé par un conseil d'administration, ce conseil sera composé d'un directeur (un administratif) et sur les 13 membres du C.A., il n'y aura que 3 enseignants et
4 parents d'élèves, le reste étant composé d'élus locaux.
Ex : Communauté de communes des
Coteaux de Gascogne, Lias-Pujaudran-Ségoufielle aujourd'hui 15 classes, demain en EPEP : 3 fermetures
Toutes ces mesures sont censées améliorer les résultats nationaux de l'école, (prétendument insuffisants par rapport aux résultats d'autres pays européens) et réduire le taux d'élèves en
difficulté. En fait, elles ne poursuivent qu'un seul but : diminuer par tous les moyens le coût de l'école. Elles n'auront qu'un seul effet : accroître les inégalités entre les élèves, puisque
tous ne bénéficieront plus du même service d'éducation et cela dès le plus jeune âge.
Toutes ces mesures constituent une rupture sans précédent avec les fondements de l'école publique elles tournent le dos à l'école de la réussite pour tous et constituent un véritable
démantèlement de notre système
éducatif.